Cérémonie commémorative de la libération de la prison de Montluc
J’ai été commémorer le 67ème anniversaire de la fin du calvaire pour les survivants de la prison de Montluc, monstrueuse machine à broyer les hommes, en plein centre de Lyon et libérée le 24 août 1944.
La violence du poème suivant, écrit sitôt après la Libération par Pierre Emmanuel, à la mémoire d’un de ses amis médecin, martyrisé dans la Drôme, traduit bien la sombre réalité de Montluc : une prison allemande au centre du système répressif nazi.
« Je chante un homme,
Si ma voix est dure, c’est que pleurer ôterait à mon chant de sa haine : ce mort veut la vengeance, et non des pleurs.
Plus tard, nous nous tairons sur lui, pieusement. Les tertres de silence comme le sien, ce sont autant d’autels de la Patrie : et le serment est grave fait aux morts, car le sol fidèle en est témoin.
Mais je chante un vivant, qui paya cher le droit d’être homme – et non pour lui seulement, mais pour toi qui me lis, et pour moi qui le chante, pour l’homme qui le martyrisa lui-même.
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